ℹ️ Information importante
Les informations présentées dans cet article ont une valeur informative générale. Les avantages fiscaux du PER dépendent de votre situation personnelle (revenus, TMI, statut professionnel) et sont soumis à la réglementation en vigueur, susceptible d’évoluer. Pour toute décision d’investissement, consultez un conseiller en gestion de patrimoine.
Préparer sa retraite tout en réduisant ses impôts dès maintenant : c’est la promesse du Plan d’épargne retraite (PER), dispositif qui connaît un essor spectaculaire en France. Selon le bilan officiel du Ministère de l’Économie publié en février 2026, 12,7 millions de Français détiennent désormais un PER, pour un encours total de 141 milliards d’euros. Cette progression de 19 % en un an témoigne de l’attractivité fiscale du dispositif. Pourtant, entre plafonds de déduction, choix entre PER individuel et collectif, et fiscalité à la sortie, le mécanisme reste complexe. Ce guide décrypte les règles 2026, chiffre l’économie d’impôt selon votre tranche marginale d’imposition, et identifie les stratégies concrètes pour optimiser votre déduction sans commettre d’erreur coûteuse.
Au-delà des avantages fiscaux, de nombreux épargnants s’intéressent désormais à l’impact de leur argent sur l’économie réelle. Choisir d’ouvrir un PER responsable permet ainsi de préparer sa retraite tout en orientant son épargne vers des entreprises engagées dans la transition écologique et sociale, sans renoncer aux bénéfices fiscaux du dispositif.
L’essentiel à retenir sur la déduction fiscale du PER :
Les versements sur un PER sont déductibles de votre revenu imposable dans la limite d’un plafond annuel. Pour un salarié en 2026, ce plafond atteint 10 % des revenus professionnels de 2025, avec un maximum de 37 680 euros et un plancher de 4 710 euros. L’économie d’impôt dépend directement de votre tranche marginale d’imposition (TMI) : plus elle est élevée, plus le gain fiscal est important. Attention toutefois, l’avantage fiscal immédiat sera compensé par une imposition à la sortie du capital ou de la rente au moment de votre départ à la retraite.
Les avantages fiscaux du PER : déduction d’impôt et plafonds 2026
Le principe fondamental du PER repose sur un mécanisme de déduction fiscale immédiate. Chaque euro versé sur un PER vient réduire votre revenu imposable, ce qui génère une économie d’impôt proportionnelle à votre TMI. Prenons un exemple concret : un salarié célibataire avec un revenu net imposable de 50 000 euros, situé dans la tranche à 30 %, verse 4 000 euros sur son PER en 2026. Cette somme est déduite de son revenu imposable, ramenant sa base taxable à 46 000 euros. L’économie d’impôt s’élève donc à 4 000 × 30 % = 1 200 euros. Son effort d’épargne réel n’est que de 2 800 euros pour un capital investi de 4 000 euros.
Comme les règles officielles publiées par Service-Public.fr encadrent ce dispositif, le plafond de déduction applicable en 2026 pour les salariés correspond à 10 % des revenus professionnels nets de cotisations sociales perçus en 2025, dans la limite de 37 680 euros. Si vos revenus 2025 étaient inférieurs à 47 100 euros (montant du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale 2025), vous bénéficiez d’un plancher forfaitaire de 4 710 euros. Concrètement, même avec un revenu modeste de 30 000 euros (dont 10 % = 3 000 euros), vous pouvez déduire jusqu’à 4 710 euros grâce à ce plancher.
Une nouveauté notable de la réglementation 2026 concerne le report des plafonds non utilisés. Les parts non consommées du plafond 2026 (et des années suivantes) peuvent désormais être reportées sur cinq ans, contre trois ans seulement pour les plafonds 2024 et 2025. Cette souplesse accrue permet d’étaler ses versements de manière stratégique, en versant davantage les années où vos revenus sont élevés. Pour les épargnants soucieux de l’impact environnemental de leur épargne, certaines solutions permettent d’ouvrir un PER responsable excluant les secteurs des énergies fossiles et privilégiant les entreprises engagées dans la transition écologique, sans modifier les avantages fiscaux applicables.
Les chiffres du marché illustrent l’engouement pour ce dispositif. D’après le bilan annuel 2025 de France Assureurs, les versements sur les PER assurantiels ont atteint 20,2 milliards d’euros en 2025, soit une hausse de 16 % par rapport à 2024. Cette dynamique s’explique principalement par l’attractivité fiscale du produit, renforcée par la stabilité réglementaire depuis la loi PACTE de 2019 qui a unifié les anciens dispositifs d’épargne retraite.
12,7millions
Nombre de Français détenteurs d’un PER au troisième trimestre 2025, pour un encours total de 141 milliards d’euros
PER individuel ou collectif : quel impact sur votre fiscalité ?
Le choix entre un PER individuel et un PER collectif ou d’entreprise influence directement votre optimisation fiscale. Si les deux dispositifs permettent de déduire les versements volontaires du revenu imposable, leurs caractéristiques diffèrent sensiblement. Le PER individuel offre une liberté totale : vous choisissez votre établissement, vos supports d’investissement, et modulez vos versements selon votre capacité d’épargne. Cette flexibilité a toutefois un prix : vous assumez seul l’effort d’épargne, sans aucun soutien extérieur.
PER individuel : flexibilité et plafonds pour tous les profils
Le PER individuel s’adresse à tous, quel que soit votre statut professionnel. Vous pouvez l’ouvrir auprès d’un assureur, d’une banque ou d’un gestionnaire d’actifs. Les versements sont libres, réguliers ou ponctuels, sans obligation de montant minimum dans la plupart des contrats. Le plafond de déduction applicable correspond à celui détaillé précédemment : 10 % des revenus professionnels 2025, dans la limite de 37 680 euros pour un salarié, ou un plancher de 4 710 euros si cette formule est plus favorable.
L’avantage principal réside dans la portabilité : vous conservez votre PER individuel tout au long de votre carrière, même en changeant d’employeur. Les frais de gestion varient toutefois fortement d’un contrat à l’autre, oscillant généralement entre 0,5 % et 2 % de l’encours par an. Cette variabilité peut peser lourd sur la performance à long terme. Un contrat facturant 1,5 % de frais annuels ampute votre capital de près de 30 % sur 30 ans, toutes choses égales par ailleurs.
PER collectif et d’entreprise : effet de levier de l’abondement
Le PER collectif ou le PER d’entreprise obligatoire (PERO) proposé par votre employeur apporte un avantage fiscal indirect majeur : l’abondement. Votre entreprise peut compléter vos versements volontaires, dans la limite de trois fois le montant que vous avez versé, et jusqu’à un plafond réglementaire (8 % du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale, soit environ 3 768 euros en 2026). Cet abondement n’est pas soumis à l’impôt sur le revenu au moment du versement, bien qu’il soit intégré aux cotisations sociales.
Imaginons un salarié qui verse 2 000 euros sur son PER collectif en 2026. Son employeur abonde à hauteur de 100 %, soit 2 000 euros supplémentaires. Le salarié dispose donc de 4 000 euros investis pour un effort personnel de 2 000 euros (ou 1 400 euros après déduction fiscale s’il est dans la TMI à 30 %). Le rendement immédiat dépasse 100 % avant même toute performance des supports d’investissement. Cet effet de levier justifie que la majorité des experts recommandent de privilégier le PER collectif lorsque l’employeur propose un abondement.
Toutefois, le PER collectif présente une limite : le choix des supports d’investissement est souvent restreint à une sélection définie par l’employeur ou le gestionnaire du contrat.
Impact de l’âge et de la TMI sur l’optimisation fiscale
Votre âge et votre tranche marginale d’imposition déterminent la pertinence du PER dans votre stratégie patrimoniale. Plus votre TMI est élevée, plus l’avantage fiscal immédiat est significatif. Un contribuable dans la tranche à 41 % qui verse 10 000 euros économise 4 100 euros d’impôt, contre 1 100 euros seulement pour un contribuable dans la tranche à 11 %. Cette asymétrie explique pourquoi le PER est particulièrement attractif pour les hauts revenus.
L’âge joue également un rôle. Un jeune actif de 30 ans qui ouvre un PER bloque son épargne pour environ 35 ans. Certes, l’effet de levier fiscal est intéressant, mais la contrainte de liquidité est lourde. Inversement, un cadre de 55 ans proche de la retraite peut maximiser ses versements dans la limite des plafonds disponibles : son épargne ne reste bloquée que 10 à 12 ans, et il bénéficie pleinement de la déduction pendant ses années de revenus élevés. Attention toutefois, la fiscalité à la sortie approche rapidement, ce qui nécessite d’anticiper le barème d’imposition applicable au moment du départ à la retraite.
La distinction avec le fonctionnement de l’assurance-vie est éclairante : contrairement à l’assurance-vie, qui offre une fiscalité avantageuse à la sortie (abattement après 8 ans, prélèvement forfaitaire libératoire) mais sans déduction à l’entrée, le PER privilégie l’optimisation fiscale immédiate via la déduction des versements, au prix d’une imposition à la sortie selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu.

Le récapitulatif ci-dessous compare les caractéristiques fiscales et pratiques des deux dispositifs pour identifier rapidement le scénario qui correspond à votre situation.
| Critère | PER individuel | PER collectif / PERO |
|---|---|---|
| Plafond de déduction 2026 | 37 680 € max ou 4 710 € min (salariés) | Identique |
| Abondement employeur | Non | Oui (jusqu’à 3× vos versements, plafond ~3 768 €) |
| Liberté choix supports | Totale (vous choisissez) | Limitée (sélection employeur) |
| Portabilité | Conservé à vie (indépendant de l’employeur) | Transférable si changement employeur (contraintes possibles) |
| Frais de gestion moyens | 0,5 à 2 % par an | Souvent inférieurs (négociation employeur) |
| Profil recommandé | Indépendants, absence PER entreprise, besoin flexibilité | Salariés avec abondement employeur (priorité absolue) |
5 stratégies concrètes pour maximiser votre déduction fiscale
Optimiser l’avantage fiscal du PER ne se résume pas à verser le maximum possible. Une stratégie réfléchie tient compte de votre TMI actuelle, de son évolution prévisible, de vos plafonds disponibles et de vos besoins de liquidités. Voici cinq leviers actionnables pour tirer le meilleur parti du dispositif.
Stratégie 1 : Vérifier votre plafond disponible avant tout versement. Votre plafond de déduction figure sur votre avis d’imposition 2026 (revenus 2025), rubrique « Plafonds épargne retraite disponibles ». Un versement au-delà de ce plafond ne bénéficiera d’aucune déduction fiscale pour l’année en cours, bien que l’épargne reste bloquée jusqu’à la retraite. Cette erreur coûte cher : un contribuable qui verse 15 000 euros alors que son plafond annuel n’est que de 12 000 euros perd l’avantage fiscal sur 3 000 euros, soit 1 230 euros d’économie manquée s’il est dans la TMI à 41 %.
Stratégie 2 : Adapter vos versements à votre TMI prévisionnelle. Si vous anticipez une augmentation de revenus (promotion, prime exceptionnelle), reporter une partie de vos versements sur l’année de revenus élevés maximise le gain fiscal. Inversement, si vos revenus baissent (congé sabbatique, temps partiel), limiter vos versements cette année-là préserve vos plafonds pour les années plus favorables. Rappelons que les plafonds non utilisés depuis 2026 sont reportables sur cinq ans.
Stratégie 3 : Profiter de l’abondement employeur si disponible. Si votre entreprise propose un PER collectif avec abondement, versez au minimum le montant permettant de capter l’abondement maximal. Refuser cet argent gratuit revient à se priver d’un rendement immédiat de 50 à 100 % selon les taux d’abondement pratiqués. Même si vous disposez déjà d’un PER individuel, cumuler les deux dispositifs reste possible dans la limite globale de vos plafonds.
Stratégie 4 : Anticiper la fiscalité à la sortie. L’économie d’impôt à l’entrée sera compensée par une imposition à la sortie. Si vous prévoyez une baisse significative de vos revenus à la retraite (et donc une TMI inférieure), le PER reste avantageux. Exemple : un cadre dans la TMI à 41 % aujourd’hui qui prévoit une TMI à 11 % à la retraite réalise un gain fiscal net de 30 points. En revanche, si votre TMI reste stable ou augmente (pensions élevées, revenus fonciers importants), l’intérêt fiscal du PER s’amenuise.
Stratégie 5 : Programmer des versements réguliers pour lisser l’effort. Plutôt que des versements ponctuels importants, mettre en place un virement automatique mensuel facilite la discipline d’épargne et réduit la contrainte budgétaire. Un versement mensuel de 300 euros (3 600 euros par an) génère une économie d’impôt de 1 080 euros pour une TMI à 30 %, soit 90 euros par mois récupérés via la baisse de votre prélèvement à la source.
Pour aller plus loin dans une approche patrimoniale globale, découvrez d’autres stratégies optimisation fiscale retraite combinant PER, assurance-vie et dispositifs complémentaires.
Votre checklist d’optimisation fiscale du PER
- Vérifier votre tranche marginale d’imposition actuelle sur votre dernier avis d’imposition
- Consulter votre plafond de déduction disponible 2026 (rubrique « Épargne retraite » de l’avis)
- Calculer l’économie d’impôt potentielle en multipliant le versement envisagé par votre TMI
- Comparer avec d’autres dispositifs de défiscalisation (assurance-vie, investissement locatif, dons)
- Anticiper l’évolution de vos revenus sur les 3-5 prochaines années pour moduler vos versements
- Vérifier si votre employeur propose un PER collectif avec abondement (consulter votre DRH)
- Programmer des versements réguliers plutôt que ponctuels pour lisser la contrainte budgétaire
Sortie en capital ou en rente : quelle fiscalité à la retraite ?
L’avantage fiscal immédiat du PER a une contrepartie : l’imposition à la sortie. Cette dimension, souvent négligée dans les présentations commerciales, influence directement la rentabilité réelle du dispositif. Comprendre les règles applicables permet d’anticiper le montant net que vous percevrez effectivement au moment de votre départ à la retraite.
18,6%
Taux des prélèvements sociaux applicables aux revenus de placement à la sortie du PER depuis le 1er janvier 2026 (hausse de la CSG de 9,2 % à 10,6 %)
Si vous avez déduit vos versements de votre revenu imposable, le capital ou la rente perçus à la sortie seront intégralement imposés selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu, dans la catégorie des pensions de retraite. Aucun abattement de 10 % pour frais professionnels ne s’applique sur la fraction correspondant aux versements déduits. Les intérêts et plus-values générés par votre épargne sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % (12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis 2026, selon Service-Public.fr).
Prenons un scénario concret. Un retraité perçoit un capital PER de 150 000 euros, composé de 100 000 euros de versements volontaires déduits et 50 000 euros de gains. Les 100 000 euros de versements sont ajoutés à ses autres revenus de retraite et imposés selon son barème IR du moment. S’il se situe dans la tranche à 30 % à la retraite (revenus totaux d’environ 55 000 euros), l’impôt sur cette part s’élève à 30 000 euros. Les 50 000 euros de gains sont soumis au PFU, soit 15 700 euros de prélèvements (31,4 %). Le montant net perçu après fiscalité est donc de 104 300 euros, soit environ 30 % de ponction fiscale globale.
Si vous choisissez une sortie en rente viagère, celle-ci est imposable à l’IR selon les règles des pensions de retraite, avec l’abattement de 10 % plafonné par foyer fiscal (maximum 4 321 euros en 2026). Les prélèvements sociaux de 18,6 % s’appliquent également. Cette option garantit un revenu régulier jusqu’à votre décès, mais vous prive de la possibilité de transmettre le capital restant à vos héritiers.
Une nuance importante concerne les versements non déduits. Si vous avez choisi de ne pas déduire vos versements de votre revenu imposable au moment du versement (option possible mais rare), seuls les gains sont imposés à la sortie. Le capital correspondant aux versements bruts est exonéré d’IR, bien que les prélèvements sociaux restent dus. Cette stratégie peut se justifier si votre TMI actuelle est faible (11 %), limitant l’intérêt de la déduction immédiate, et que vous anticipez une TMI élevée à la retraite.
La comparaison entre l’économie d’impôt à l’entrée et l’imposition à la sortie doit donc intégrer l’évolution de votre TMI sur plusieurs décennies. Si l’écart entre votre TMI active (41 % par exemple) et votre TMI retraite (11 ou 30 %) est significatif, le PER conserve un intérêt fiscal net. En revanche, si cet écart est faible ou nul, l’avantage fiscal se réduit fortement, voire s’annule après prise en compte des frais de gestion cumulés.
Les erreurs à éviter pour profiter pleinement des avantages du PER
La complexité du PER génère des erreurs fréquentes qui réduisent, voire annulent, l’optimisation fiscale recherchée. Identifier ces pièges permet de sécuriser votre stratégie d’épargne retraite. Avant de vous engager, assurez-vous de poser les bonnes questions avant souscription placement à votre conseiller pour valider que le PER correspond bien à votre situation patrimoniale et fiscale.
Erreur 1 : Verser au-delà de son plafond de déduction. Chaque année, des épargnants versent des sommes importantes sur leur PER sans vérifier leur plafond disponible. Résultat : la part excédentaire ne bénéficie d’aucune déduction fiscale, bien que l’épargne reste bloquée jusqu’à la retraite. Cette erreur coûte plusieurs milliers d’euros d’économie fiscale manquée. La vérification du plafond disponible sur votre avis d’imposition est une étape non négociable avant tout versement.
Erreur 2 : Négliger la fiscalité à la sortie. Se concentrer uniquement sur l’économie d’impôt immédiate sans anticiper l’imposition future crée des désillusions au moment du départ à la retraite. Un retraité découvrant que son capital PER est imposé à 30 ou 41 % constate que l’avantage fiscal initial était partiellement illusoire. Calculer le gain fiscal net (économie à l’entrée moins imposition à la sortie) en fonction de l’évolution prévisionnelle de votre TMI est indispensable.
Erreur 3 : Immobiliser toute son épargne sur un PER. Le PER bloque votre capital jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé limitatifs (achat résidence principale, décès du conjoint, invalidité, surendettement, fin de droits au chômage). Y concentrer la totalité de votre épargne vous prive de toute flexibilité pour financer un projet immobilier, une reconversion professionnelle ou faire face à un imprévu. Un équilibre entre épargne bloquée (PER) et épargne disponible (assurance-vie, livrets) s’impose.
Erreur 4 : Oublier de déclarer ses versements. Bien que certains contrats transmettent automatiquement les informations à l’administration fiscale, il reste de votre responsabilité de vérifier que vos versements PER apparaissent bien sur votre déclaration de revenus (case 6NS pour les versements individuels volontaires). Un oubli vous prive de la déduction fiscale, et une régularisation ultérieure peut s’avérer complexe.
Erreur 5 : Sous-estimer l’impact des frais de gestion. Des frais annuels de 2 % sur un contrat détenu pendant 30 ans amputent votre capital final d’environ 45 % par rapport à un contrat facturant 0,5 %, à performance égale. Comparer les frais de gestion (frais sur versements, frais annuels, frais d’arbitrage) entre plusieurs contrats avant souscription peut générer plusieurs dizaines de milliers d’euros de gain sur la durée totale.
Vos questions fréquentes sur la fiscalité du PER
Que se passe-t-il si je dépasse mon plafond de déduction annuel ?
Les sommes versées au-delà de votre plafond annuel ne sont pas déductibles de votre revenu imposable pour l’année en cours. Toutefois, ce dépassement n’est pas perdu : il s’ajoute à vos plafonds des années suivantes, que vous pourrez utiliser sur les cinq prochaines années (pour les plafonds 2026 et suivants). Votre épargne reste investie et bloquée jusqu’à la retraite, mais vous ne bénéficiez d’aucun avantage fiscal immédiat sur la part excédentaire.
Puis-je récupérer mon argent avant la retraite en cas de besoin urgent ?
Oui, mais uniquement dans six cas de déblocage anticipé définis par la loi PACTE : achat de votre résidence principale, décès de votre conjoint ou partenaire de PACS, invalidité (vous-même, vos enfants ou votre conjoint), situation de surendettement, expiration de vos droits à l’assurance chômage, ou cessation d’activité non salariée suite à liquidation judiciaire. En dehors de ces situations, votre épargne reste bloquée jusqu’à votre départ à la retraite.
Comment vérifier mon plafond de déduction disponible pour 2026 ?
Votre plafond de déduction figure sur votre avis d’imposition 2026 (portant sur les revenus 2025), dans la rubrique « Vos plafonds épargne retraite disponibles ». Vous y trouverez le montant exact que vous pouvez déduire pour l’année en cours, ainsi que les éventuels reports de plafonds non utilisés des années précédentes. Si vous n’avez jamais ouvert de PER, votre plafond correspond à 10 % de vos revenus professionnels 2025, avec un minimum de 4 710 euros et un maximum de 37 680 euros pour un salarié.
Dois-je obligatoirement déclarer mes versements PER chaque année ?
Oui, vos versements volontaires sur un PER individuel doivent être déclarés dans la case 6NS de votre déclaration de revenus (case 6NT pour votre conjoint). Pour les versements sur un PER collectif ou d’entreprise, ils sont généralement préremplis par votre employeur ou votre établissement financier. Vérifiez systématiquement que les montants déclarés correspondent à vos versements réels. Sans déclaration, vous ne bénéficiez d’aucune déduction fiscale.
Quelle différence entre versements volontaires et versements obligatoires sur un PER ?
Les versements volontaires correspondent aux sommes que vous décidez librement de verser sur votre PER, que ce soit de manière régulière ou ponctuelle. Ils sont déductibles de votre revenu imposable dans la limite de votre plafond disponible. Les versements obligatoires concernent uniquement les PER d’entreprise obligatoires (PERO) : ils résultent d’une obligation prévue par accord collectif ou décision unilatérale de l’employeur. Ces versements obligatoires ne sont pas déductibles de votre revenu imposable (ils ne sont pas soumis à l’IR au moment du versement), mais génèrent une fiscalité différente à la sortie.
⚠️ Points de vigilance avant d’ouvrir un PER
- L’épargne versée sur un PER est bloquée jusqu’à votre départ à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé limitatifs (achat résidence principale, décès du conjoint, invalidité, surendettement, fin de droits au chômage).
- L’avantage fiscal à l’entrée (déduction des versements) est compensé par une fiscalité à la sortie : capital ou rente seront imposés selon le barème de l’impôt sur le revenu.
- Les plafonds de déduction sont partagés avec d’autres dispositifs d’épargne retraite et soumis à règles complexes selon votre statut.
- La réglementation fiscale peut évoluer d’ici votre départ à la retraite, modifiant les conditions de sortie.
- Les frais de gestion varient fortement selon les contrats (de 0,5 % à plus de 2 % par an) et impactent la performance sur le long terme.
Risques explicites : risque de liquidité (impossibilité de récupérer son épargne avant la retraite sauf exceptions), risque fiscal (évolution défavorable de la fiscalité à la sortie d’ici votre retraite), risque de sur-versement (dépassement des plafonds entraînant une perte de l’avantage fiscal), risque de performance (mauvais choix de supports d’investissement ou frais élevés réduisant le capital final).
Organisme à consulter : Conseiller en gestion de patrimoine indépendant (CGP), expert-comptable ou conseiller financier certifié pour une analyse personnalisée de votre situation.
Votre plan d’action immédiat
Plutôt que de conclure, posez-vous cette question pour la suite de votre projet : votre situation personnelle justifie-t-elle un versement sur un PER dès 2026, ou vaut-il mieux attendre une année où vos revenus (et votre TMI) seront plus élevés ?
Vos prochaines étapes pour optimiser votre fiscalité retraite
- Récupérer votre avis d’imposition 2026 et identifier votre TMI actuelle + votre plafond PER disponible
- Vérifier si votre employeur propose un PER collectif avec abondement (contacter votre service RH)
- Comparer les frais de gestion de 3 à 5 contrats PER individuels si vous n’avez pas accès à un PER collectif
- Simuler l’économie d’impôt selon plusieurs hypothèses de versements (par exemple 3 000, 5 000 ou 10 000 euros)
- Anticiper votre TMI prévisionnelle à la retraite pour évaluer le gain fiscal net sur toute la durée
- Prendre rendez-vous avec un conseiller en gestion de patrimoine indépendant si votre patrimoine global dépasse 200 000 euros
L’analyse de votre situation fiscale et patrimoniale reste la clé pour décider si le PER constitue le dispositif le plus adapté à vos objectifs de retraite. Les chiffres officiels 2026 montrent que 12,7 millions de Français ont déjà fait ce choix, mais votre décision doit reposer sur une projection personnalisée intégrant votre âge, vos revenus actuels et futurs, et votre capacité à immobiliser de l’épargne sur le long terme.
